Histoire du lieu

Je suis Audrey, je suis la gardienne de ces terres.

Après avoir travaillé pendant vingt ans dans différents domaines comme l'animation socio- culturelle, l'accompagnement social, le stylisme et j'en passe... L'envie urgente de donner du sens à ma vie m'a envahie, il y a maintenant 8 ans, avec la naissance annoncée de mon dernier fils.

Une prise de conscience sur la vie, sur la terre, sur l'humain. Pourquoi ? Je ne me l'explique pas, et ça ne s'explique pas… Je ne voulais plus vivre dans la frénésie du faire mieux plus vite, toujours plus vite. Je ne voulais plus que mes enfants soient éduqués par d'autres personnes que moi et ne passer que le temps du bain, du repas du soir et du coucher avec eux. Je ne voulais plus vivre dans cette directive d'après guerre, où chacun devait avoir sa propre maison, sa propre voiture, avoir un bon job pour pouvoir consommer, et devoir aller gagner de l'argent pour que d'autres fassent à notre place ce que l'on n’avait pas le temps de faire, car nous devions aller travailler pour les payer !!! Je ne voulais plus cautionner l'exploitation et l'abattage animal, je ne voulais plus cautionner tous ces petits qu'on enlève à leur mère pour le lait, je ne voulais plus cautionner ces hyper-consommations de pétrole à travers les déplacements ou le plastique, d'uranium, de lobotomie télévisuelle…. Tellement de choses que je ne voulais plus... Restait à déterminer ce que je voulais maintenant, pour moi, pour mes enfants, pour cette terre et notre avenir. Une envie d'autonomie, de savoir ce que je mange, d'apprendre à mes enfants à se nourrir eux-même dans le respect.

Alors il y a huit ans, j'ai tout quitté, la région parisienne, le boulot, l'appartement. J'ai arrêté le stylisme, j'ai acheté à crédit une bicoque à restaurer en Touraine. Nous étions à présent en transition. Au fil des rencontres (car pour reprendre Paulo Coehlo : « Si tu es sur le bon chemin, tout l'univers conspire à te mettre ce qu'il te faut sur ta route... »), j'ai appris à être une mère différente, que j'aime appeler une mère indigne. Je ne forçais plus mes enfants à finir leurs assiettes, j'ai découvert le maternage, l'écharpe de portage le co-sleeping, l'éducation positive, l'instruction en famille… Nous commencions à cultiver notre potager, avoir des poules, effectuer des achats locaux et réfléchis (je préfère réfléchis à bio qui ne veut plus forcément dire quelque chose aujourd'hui) et puis le terrain est vite devenu trop petit.

La Bretagne m'appelait déjà depuis une dizaine d'années… Nous sommes donc partis à nouveau cinq ans après.

Nous avions engrangé pleins d'informations sur les habitats alternatifs, sur l'autonomie énergétique, au fil des rencontres mais aussi grâce à internet. Mon compagnon de l'époque décida de me suivre, mais pas pour longtemps.

Cette décision de vivre autrement me semble devoir être réfléchie et être un vrai choix, comme un appel naturel. Et nous sommes arrivés à Kerlanic, lieu inhabité depuis plus de 20 ans, sans eau courante, ni électricité, ni maison habitable… mais un lieu qui ressemblait fort à ce havre de paix tant recherché. Une vieille ferme bretonne du 17ème siècle, avec 360m² de bâtiments en pierres de granit et schiste, et 2,5 Ha de terrain dont 1 Ha de bois. Quand mon ex compagnon a quitté le navire, j'ai choisi de continuer seule, je voulais montrer que c'était possible à tous... Mais je n'étais pas vraiment seule car toujours entourée de bonnes âmes.

AudreyKerlanic12

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×